Savez-vous ce qu’est l’indice de réparabilité ?

Vous lisez et entendez régulièrement ce nom, que ce soit sur notre blog ou aux infos. Le projet de loi anti-gaspillage va mettre en place d’ici 2021 un indice de réparabilité pour plusieurs catégories de produits. Mais savez-vous vraiment ce qu’est la réparabilité ? A quoi correspond ce terme ? Quels sont les critères sur lesquels il est possible de s’appuyer pour savoir si un objet est facilement réparable ? Faisons le point ensemble !

La réparabilité : un enjeu environnemental majeur

Actuellement, notre mode de vie et de consommation surpasse les ressources offertes par la planète. Selon le Global Footprint Network, un think tank indépendant basé aux Etats-Unis, en Belgique et en Suisse, nous avons dépassé dès le 29 juillet 2019 la capacité annuelle de la planète à régénérer ses ressources et à absorber ses déchets. Tous les déchets se sont pas recyclables et valorisables. Il est donc indispensable de réduire notre consommation.

Offrir une deuxième vie à nos objets est donc une nécessité pour l’environnement. Or à l’heure actuelle, de nombreuses personnes restent convaincues que la réparation est plus complexe et plus coûteuse que le rachat. Pourtant, celle-ci est accessible à tous et permet de réaliser des économies. Le projet de loi anti-gaspillage introduit à partir de 2021 un indice de réparabilité. Celui-ci prendra en compte dix critères. Si tous ne sont pas encore fixés, les grandes lignes sont néanmoins connues et permettent de comprendre ce qui rend un produit facilement réparable ou non.

Les critères de réparabilité

La disponibilité des pièces détachées

La disponibilité des pièces détachées est un critère fondamental de réparabilité. Le projet de loi anti-gaspillage prévoit de rendre obligatoire leur disponibilité pendant cinq ans. Les fabricants auront une obligation d’information sur la disponibilité de ces pièces détachées. Le distributeur devra livrer ces pièces sous quinze jours ouvrables.

Le prix des pièces détachées

Le premier frein à la réparation est le coût. Alors pour qu’un produit soit considéré comme facilement réparable, un rapport entre le prix de la pièce détachée la plus chère et le prix total du produit sera également établi. L’objectif est d’encourager les fabricants à rendre les pièces plus accessibles. Plus les prix des pièces seront bas, plus la note de réparabilité sera bonne !

La mise à disposition d’une documentation technique

Pour qu’un produit ait un bon indice de réparabilité, le fabricant devra fournir une documentation technique détaillée au consommateur. L’objectif est toujours le même : rendre possible la réparation ou l’auto-réparation. Cette documentation, pour être utile, devra comporter une vue éclatée du produit, la procédure précise de démontage et de remontage, la liste des outils nécessaires et la liste des codes erreur. Cela semble logique, mais ce n’est pas encore le cas chez tous les fabricants.

Facilité de démontage et de remontage

L’obsolescence programmée pose de nombreux freins à la réparabilité. Il est par exemple parfois complexe voire impossible de démonter soi-même un objet. Pour qu’un produit obtienne une bonne note de réparabilité, le projet de loi s’appuie donc aussi sur le critère suivant : la facilité de démontage et de remontage d’un appareil. L’appareil devra être démontable soit avec des outils génériques ou propriétaires, soit sans outils. Ce critère prend en compte le nombre d’étapes nécessaires pour chaque changement de pièce « courant ». Par exemple, pour toutes les machines à laver mises sur le marché après 2021, seront comptées les étapes de démontage nécessaires pour effectuer le changement de la courroie. Ainsi, une note est attribuée à la machine en question grâce à un système de calcul. Les fabricants permettant un démontage avec peu d’étape seront mis en avant (bonne note), contrairement à ceux compliquant le processus de démontage (mauvaise note).

Cet indice prendra la forme d’une note allant de 0 à 10.
En parallèle de la construction de celui-ci, d’autres mesures ont été prises comme par exemple le fait d’enseigner la réparation à l’école, ou bien l’extension de la durée légale de garantie de 6 à 12 mois pour l’achat d’un produit d’occasion.

La réparabilité, une démarche soutenue par de nombreux acteurs

De nombreux acteurs œuvrent en faveur de la réparabilité. Il peut s’agir d’acteurs associatifs comme les Repair Cafés, fonctionnant sur le principe du bénévolat. Il existe aussi des acteurs économiques comme le réseau ENVIE ou encore des sites web spécialisés dans l’autoréparation.

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Le but est de favoriser le réemploi des objets usagers et réduire le nombre d’appareils jetés chaque année. Actuellement, seuls 38% des Français font régulièrement réparer leurs appareils électriques et électroniques quand ils tombent en panne, selon une étude réalisée par l’IFOP en mars 2018. Un pourcentage qui pourrait bien augmenter grâce à des informations claires sur la réparabilité des produits achetés.

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